Combien de temps dure le deuil ? – Mieux traverser le deuil

Combien de temps dure le deuil ?

20 juin 2019 Image Combien de temps dure le deuil ?

Le processus de deuil est universel mais la façon de le vivre est unique pour chacun. De nombreux paramètres vont influer sur l’intensité et la durée du deuil. Les conditions du décès, les ressources intérieures de la personne endeuillée, la nature de la relation avec la personne décédée, la présence d’un réseau de soutien de qualité…

Un temps incompressible et unique pour chacun

Quelle que soit la nature du deuil vécu, il est certain qu’il sera long. Il est essentiel de se donner le temps de vivre les étapes du processus de deuil et d’accomplir le travail de deuil qui l’accompagne. Il est erroné de penser que la page d’un deuil peut être tournée en six mois, ce serait méconnaître la dynamique de cicatrisation psychique qui est à l’œuvre. C’est encore plus vrai quand le deuil survient dans des circonstances brutales (suicide, accident, meurtre). Ou quand il s’agit de la perte d’un enfant. Le traumatisme est si profond, la douleur si intense, il faudra beaucoup de temps pour se reconstruire et cicatriser la blessure intérieure du lien coupé avec l’être aimé.

Un à cinq ans après le décès

Nous pouvons vous donner quelques repères dans le temps (1) pour définir la durée d’un deuil, mais ce sera dans une fourchette très large, à ajuster en fonction des paramètres précédemment énoncés.

Précisons que ce ne sont que des moyennes, elles n’ont pas de valeur absolue, elles doivent être reçues avec beaucoup de précaution car, comme nous vous l’avons déjà précisé, le deuil est unique pour chacun.

Nous pouvons dire de façon générale, qu’il faut entre 1 et 5 ans pour retrouver une vie moins douloureuse après la mort d’un proche :

  • deux à deux ans et demi si l’on a perdu son conjoint,
  • quatre à cinq ans si l’on a perdu son enfant,
  • un an à un an et demi si l’on a perdu son parent.

Au-delà de ces durées de temps, la personne en deuil a le sentiment que le plus gros de sa souffrance est dernière elle. La cicatrice de l’ancienne blessure sera toujours présente mais grâce au processus de deuil, la douleur est devenue progressivement plus tolérable, moins violente.

Pour vous donner une vision plus claire de la ligne temporelle du chemin, nous vous rappelons les quatre principales étapes du processus de deuil avec une estimation de la durée de chacune. Sachant que ces étapes peuvent se chevaucher pendant quelque temps.

  • Phase 1 du deuil : le choc, la sidération
    La première phase du deuil a une durée qui varie de quelques heures à trois semaines, un mois au plus. Elle peut être beaucoup plus longue en cas de deuil traumatique.
  • Phase 2 du deuil : la fuite, la recherche
    Cette étape va durer entre 6 et 10 mois (en général 8 mois), jusqu’à 18 mois en cas de deuil traumatique (2).
    Cela induit que la troisième étape commence en général presque un an après le décès.
  • Phase 3 du deuil : la déstructuration
    La 3e étape commence six à dix mois après le décès, voire un an et demi s’il s’agit d’un deuil traumatique. Cette étape dure longtemps, au minimum six mois, souvent plusieurs années sans que cela soit pathologique.
  • Phase 4 du deuil : la restructuration
    La quatrième phase du deuil débute au minimum un an après le décès. Elle durera plusieurs mois, voire des années après le décès. La durée de cette étape est difficile à évaluer car elle est concomitante avec la nouvelle identité que la personne en deuil développe au fil du temps.

Quelle que soit la nature du deuil que vous traversez, gardez confiance, accordez-vous le temps et la douceur nécessaires pour que s’accomplisse au mieux le processus de cicatrisation.

À lire aussi :

(1) Ces repères sont indiqués par Christophe Fauré dans son ouvrage Vivre le deuil au jour le jour, éd. Albin Michel, édition revue et augmentée de 2018. Page 139.
(2) Voir Après le suicide d’un proche – Vivre le deuil et se reconstruire, Dr Christophe Fauré. Éd. Albin Michel, 2007. Page 132.

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10 Commentaires

Mieux traverser le deuil

23 Oct, 2019 à 10h38
Ne restez pas seule, nous vous invitons à venir partager ce que vivez dans le groupe facebook privé de Mieux traverser le deuil, de nombreuses personnes ayant perdu leur proche y trouvent beaucoup de réconfort et de soutien au quotidien, n'hésitez pas à vous inscrire : https://www.facebook.com/groups/546189225912470 Vous pourrez dans un premier temps découvrir les échanges qui s'y déroulent, puis y prendre la parole, quand vous le sentirez, quand ce sera le bon moment pour vous.

Patricia Karler

22 Oct, 2019 à 21h47
Je viens de perdre mon mari brutalement. Il avait subi de nombreux problèmes de santé mais les avaient surmonté cette fois-ci, ce ne fût pas le cas. Hémorragie cataclysmique de la muqueuse stomacale... invraisemblable après une opération de hanche ! Je suis choquée, perdue, orpheline, sans famille, sans enfant, je me sens abandonnée. Comment puis-je m'en sortir ? Pourtant, nous vivions une relation atypique, difficile, parfois violente. Nous avions 15 ans d'écart mais il me manque terriblement. Personne ne comprend, mon ressenti. Il se plaignait que je le harcelais. Non, je me défendais sans cesse, mon mari était bi-polaire. Pas facile à connaître chez d'autres personnes. Du coup, je suis la mauvaise, donc je suis punie ! Quelle culpabilité à encaisser. Me voilà dans un gouffre insupportable et insurmontable...

Jack

17 Oct, 2019 à 08h40
J'ai perdu des êtres chers, mes parents l'un apres l'autre, ma grand-mère seule aïeule que j'aie connue et que je chérissais. Malgré la peine et le chagrin, perdre ses ascendants est malgré tojt dans l'ordre des choses, car la roue tourne. Toutefois, l'épreuve la plus douloureuse est de petdre son enfant car ce n'est pas dans l'ordre des choses. Il me faut en même temps faire le deuil de tout ce que nous ne nous sommes pas dit, de ce que je n'ai pas pu lui transmettre... C'est un immense chagrin. Les mots "orphelin", "veuf" existent. Pas celui-là.

Arnaud

08 Oct, 2019 à 20h28
J'ai perdu mon fils à la veille de ses 18 ans suite à une maladie génétique "mithocondriale". Il est mort d'un arrêt cardiaque subitement....je ne m'attendais pas à une mort aussi brutale. Il était conscient de qu'il y arrivait mais il ne voulait pas mourir.....ça fait 4 mois maintenant qu'il est parti et j'ai l'impression que ça fait plus. J’espère lui avoir tout dit et aussi que je l'aimais....

Mieux traverser le deuil

09 Sep, 2019 à 18h07
Vous avez raison, le deuil génère une cicatrice intérieure qui sera présente tout au long de notre vie. Les périodes que nous indiquons sont des repères au-delà desquels nous pouvons considérer que le plus gros de la souffrance est derrière nous. Ils n'indiquent pas que le manque et la souffrance ne surgiront plus. Traverser le deuil ne signifie pas non plus que nous oublierons ceux qui nous ont quittés. Au contraire, le travail de deuil est le garant du non-oubli grâce aux liens intérieurs que nous tissons avec les êtres aimés. Le travail de deuil garantit un lien à vie avec nos disparus.

Chantal

09 Sep, 2019 à 17h23
Désolé mais quand on perd un enfant, on en prend pour la vie. On ne va pas mieux 5, 20,20 ans après la souffrance est éternelle. Je ne comprends pas qu'on puisse poser la question combien de temps dire un deuil. Moi J'ai perdu mon fils et mon mari il ya 20 ans, je pense tous les jours à eux, je ne passerais pas à autre chose.

Mieux traverser le deuil

07 Août, 2019 à 11h18
Marie-Christine, vous traversez une épreuve difficile. N'hésitez pas à rejoindre notre groupe facebook privé : https://www.facebook.com/groups/546189225912470/ vous bénéficierez d'une écoute authentique, vous pourrez partager votre peine en confiance et recevoir une grande aide de la part de la communauté. Avec tout notre soutien.

Mieux traverser le deuil

07 Août, 2019 à 11h06
Pour mieux comprendre ce qu'est la déstructuration, nous vous invitons à consulter notre article « Phase 3 du deuil : la déstructuration ». En souhaitant qu'il apporte toute la clarté nécessaire. Bien à vous.

Jacques

30 Juil, 2019 à 11h14
Perdre deux de nos trois "petits" en un an d'espace, un accident pour l'un à 36 ans en mai 2011, des suites d'une maladie génétique pour notre fille à 32 ans début septembre 2012 et, à ce jour : comme si c'était hier, toujours la même douleur avec l'appréhension que ça n'arrive aussi à ceux qui restent, mon mari est porteur de la maladie évolutive, génétique, héréditaire, rare, orpheline qui a été transmise à notre fille !

De la Rochelambert

11 Juil, 2019 à 12h52
Qu'est ce que la déstructuration s'il vous plaît.



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