Le vécu dépressif – Mieux traverser le deuil

Le vécu dépressif

17 mai 2019 Image Le vécu dépressif

Après avoir traversé six à dix mois de stress chronique depuis le décès de l’être aimé, la personne endeuillée entre dans une période de vécu dépressif. Cette étape est inévitable et paradoxalement souhaitable et auspicieuse : elle manifeste en effet que le processus de deuil s’accomplit sainement. Plus la personne va mal, plus la résolution du deuil progresse. C’est un aspect caractéristique de la phase 3 de déstructuration du processus de deuil dans laquelle s’installe le vécu dépressif.

À cette étape, la sensation de vide et l’absence de l’être cher sont d’une grande acuité. Les liens extérieurs sont rompus avec lui, et les liens intérieurs pas encore construits. Cette période de transition est particulièrement inconfortable. Le vécu dépressif est le climat émotionnel majeur de cette 3e phase : il va faire résonner avec intensité toutes les autres émotions (peur, culpabilité…).

Un cortège de symptômes psychiques et physiques

Les symptômes du vécu dépressif vont s’installer pendant des mois : les troubles du sommeil et/ou de l’appétit, une fatigue profonde et continue, la perte d’intérêt globale, la tristesse avec d’éventuelles idées suicidaires, une hypersensibilité, une diminution de l’estime de soi, les difficultés de concentration, de mémorisation (impression de tête vide), la baisse de la libido…

Le sommeil sera perturbé en qualité et en quantité, et peu récupérateur. Une perte de poids peut survenir du fait de la perte d’appétit. Le corps ressent tout un ensemble de douleurs diverses : des maux de têtes, des crampes, un essoufflement, des tremblements, des nausées, des palpitations… L’onde de choc de la perte est psychique et physique, chaque niveau impacté interagissant avec l’autre. Face à ces symptômes la vigilance est de mise, des maladies peuvent s’exprimer pendant cette période qui nécessitent de consulter son médecin généraliste régulièrement pour faire le point avec lui.

Différer les décisions importantes

Le vécu dépressif est accompagné d’un épuisement chronique et d’une baisse des compétences intellectuelles. Il est donc tout-à-fait normal de constater une baisse de production professionnelle. Cette période harassante émotionnellement et physiquement n’est pas propice à des prises de décision importantes. Mieux vaut les différer car le jugement de la personne n’est pas pleinement présent en cette étape de grands bouleversements.

La perte de tout intérêt et plaisir

La personne en deuil peut connaître un désintérêt pour toutes les choses de la vie dans lesquelles elle ne trouve plus aucun plaisir. Tout lui semble tellement vide de sens et vain. Elle peut être tentée de se replier sur elle avec un sentiment de dévalorisation d’elle-même. La solitude est nécessaire dans cette douloureuse traversée, mais il ne faudrait pas que la personne s’enferme dans l’isolement. Ses proches seront vigilants à l’entourer de leur aimante présence.

Une tristesse omniprésente

Le vécu dépressif est marqué par une tristesse omniprésente, dont l’intensité varie d’un instant à l’autre. La personne en deuil peut avoir la sensation de ne jamais pouvoir en sortir. Elle peut être traversée par des idées suicidaires et basculer dans un état de dépression clinique. Il sera important de faire la différence entre vécu dépressif et dépression clinique pour l’accompagner au mieux. Dans le moindre doute, ne pas hésiter à lui suggérer de consulter un médecin ou un thérapeute, l’y accompagner si nécessaire.

Garder confiance !

La personne en deuil est bien souvent épuisée par les hauts et les bas qui surgissent en elle de façon imprévisible. Aux vagues de souffrance intense succèdent des moments d’accalmie suivis par de nouveaux assauts de la douleur intérieure. Cela peut durer des mois, jusqu’à un an ou deux ans. Puis viendra un temps où l’acuité de ces émotions s’atténuera durablement. Que la personne en deuil garde confiance car ce temps est nécessaire à la cicatrisation de sa blessure psychique, une dynamique naturelle œuvre pour son bien même si elle doute fortement pendant ces moments de douloureuse métamorphose.

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