Les grands-parents en deuil – Mieux traverser le deuil

Les grands-parents en deuil

3 janvier 2020 Image Les grands-parents en deuil

Quand une famille est touchée par la mort d’un enfant, la souffrance des grands-parents n’est pas toujours prise en compte par leur entourage. Mobilisés pour soutenir leur propre enfant, les grands-parents en viennent quelquefois à censurer l’expression de leur chagrin afin de ne pas paraître égoïstes ou déplacés, leur fils(fille) souffre tant. Pourtant, comme toute personne endeuillée, ils devront se confronter à l’impact de la disparition de l’être cher et prendre en compte la douleur qui étreint leur cœur. 

Des conflits peuvent ressurgir

À la souffrance de l’absence peut s’ajouter une autre souffrance générée par les tensions qui peuvent surgir entre grand-parent et parent. Quand, par exemple, chacun revendique une douleur plus grande ou la reconnaissance de sa souffrance. Ou quand il semble que l’autre s’approprie sa propre douleur. Il peut arriver que la perte d’un petit-enfant ravive des conflits non résolus entre grands-parents et parent. 

Se soutenir mutuellement

L’intention de soutenir avec une bienveillante autorité le parent devenu vulnérable par la perte de son enfant peut être mal reçue. Cela peut générer de vives réactions. Le parent en deuil peut estimer insupportable de redevenir dépendant de ses propres parents, il peut rejeter avec plus ou moins de vigueur leur proposition d’aide. L’occurrence et l’intensité de ce rejet sont très variables en fonction des liens tissés dans la famille. Bien souvent heureusement, grands-parents et parents se soutiennent mutuellement, chacun respectant la souffrance de l’autre.

Redécouvrir son enfant

En traversant ce deuil, le grand-parent redécouvre son enfant, il le voit faire face à une situation dramatique que lui-même n’a pas connue. Ce n’est plus depuis longtemps l’enfant du passé mais une femme ou un homme qui traverse avec courage une terrible épreuve en s’appuyant sur les ressources intérieures qu’il a développées au fil de son existence. Face à la souffrance que traverse son enfant, le grand-parent peut se sentir douloureusement démuni. Il n’a pas le pouvoir de retirer ce si lourd fardeau des épaules de son fils (sa fille). 

Être présent jour après jour

La seule chose qui est en son pouvoir, c’est être présent, d’offrir jour après un soutien de tous les instants. De consolider par son amour filial, un cœur déchiré, une maison effondrée. Avec ses modestes moyens même s’ils sont quelquefois maladroits. Par sa présence offerte, le grand-parent se donne aussi la possibilité d’apaiser sa propre souffrance, de lui donner un sens.

Des confidents précieux pour les petits-enfants

La présence des grands-parents est d’autant plus précieuse s’il y a d’autres petits-enfants à soutenir et à accompagner. Les grands-parents pourront relayer les parents noyés dans leur douleur, ils pourront assurer la logistique du quotidien, être les confidents des petits-enfants, leur apporter tendresse et affection le temps que les parents reprennent pied. Ils pourront tisser avec les petits-enfants des liens de grande complicité nourris par des questions et des échanges sur le frère ou la sœur disparu(e). 

Dépositaires de la mémoire de l’enfant disparu

Les grands-parents deviennent ainsi les dépositaires de la mémoire de l’enfant perdu auprès des autres petits-enfants. Ils ravivent de précieux souvenirs par leurs récits, des photos, des anecdotes qui rappellent le disparu.

Nommer et exprimer ses émotions

Au cœur de ce tsunami qui touche la famille, il faudra que les grands-parents prennent soin d’eux-même, qu’ils accueillent leur souffrance, qu’ils écoutent leurs besoins. Comme toute personne en deuil, il leur faudra regarder les émotions qui vont les traverser avec force. Nommer ces sentiments, vivre leur colère et leur révolte face au départ prématuré de leur petit-enfant. Qu’il parte avant eux, cela n’a pas de sens ! Cela va tellement à l’encontre de l’ordre des choses. Et pourtant la réalité est là. Les grands-parents devront affronter un avenir sans leur petit-enfant qui les poussait tant à aller de l’avant, à se projeter dans des lendemains stimulants.

Un deuil différent pour chacun 

L’impact de la perte d’un petit-enfant bouleverse tous les repères des grands-parents. La disparition de l’enfant laisse un grand vide qui change leur existence. Celui-ci peut être abyssal si l’enfant était unique. Que faire maintenant ? Comment donner ? À qui ? Une quête de nouveau sens s’ouvre aux deux grands-parents. Chacun va vivre à sa façon cette traversée. Une grand-mère sera plus encline à parler et à exprimer sa souffrance, tandis qu’un grand-père vivra son deuil de façon plus silencieuse et solitaire (voir Le deuil au masculin). Comme dans tout couple, chacun va cheminer à son rythme, selon ses besoins et ses particularités. Les grands-parents pourront se soutenir mutuellement par des temps de partage ou de rituels qui les réunissent pour honorer la mémoire de l’enfant.

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