La solitude – Mieux traverser le deuil

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La solitude

3 janvier 2020 Image La solitude

Le deuil nous fait traverser des temps d’une profonde et douloureuse solitude. Cette inévitable compagne participe au processus de cicatrisation intérieure. La disparition d’un être aimé nous plonge au cœur de notre être, dans notre solitude fondamentale, celle qui est inhérente à l’existence humaine. Puisque seul(e) nous naissons et seul(e) nous quittons ce monde. Aucun artifice ne peut empêcher cette descente en soi-même, cette immersion dans l’authenticité de notre chemin unique et solitaire même s’il est accompagné. 

En décalage avec les autres

Même si nous sommes entourés, le deuil accroît le sentiment de décalage avec les autres. Nous avons l’impression qu’ils ne comprennent pas ce que nous vivons, que nous ne sommes plus sur la même longueur d’onde. Que nous sommes à côté du monde et non plus avec lui. Ce sentiment est tout-à-fait normal et pourra durer plusieurs mois. 

Accueillir totalement notre souffrance 

La personne en deuil peut tenter de fuir cette solitude en s’enivrant dans de multiples activités (voir Phase 2 du deuil : La fuite – La recherche). Elle a peur de vivre des temps de solitude parce qu’elle sait que dans ces rendez-vous avec elle-même, l’atroce douleur de la séparation va remonter avec toute son intensité. C’est pourtant en regardant droit dans les yeux cette souffrance qu’elle peut s’en libérer. Laisser venir la douleur qui tord ses entrailles, se laisser traverser totalement par elle, la vivre le plus profondément possible. C’est une étape indispensable pour accomplir son deuil. Plus tôt on se confronte à sa souffrance, plus tôt on s’en libère. 

S’offrir des temps de libération

La seule clef qui permet cette libération est de vivre pleinement des temps de solitude. Chaque moment que l’on s’offre seul(e) avec soi-même est un écrin qui permet l’émergence de notre vérité, la libération des émotions qui prennent notre corps en tenaille, l’expression de la douleur qui nous étouffe. Vivre des temps de solitude est absolument nécessaire pour traverser le deuil. 

Au cœur de nous-même

S’accorder un moment de tranquillité où nous sommes pleinement au présent, cela nous met au contact d’un lieu intérieur où se vit l’essentiel de notre être. Ce lieu nous le contactons dans nos plus grandes joies et nos plus grandes peines, mais aussi dans les moments où nous sommes serein(e) quelles que soient l’agitation et les circonstances extérieures.

Un espace où se crée un nouveau lien

C’est dans ce même lieu qu’un lien intime se construit avec l’être disparu. Au cœur de nous-même. Retrouver cet espace intérieur régulièrement c’est se donner la possibilité de construire jour après jour un nouvelle relation avec celle ou celui qui nous a quitté.

Comment accueillir le silence

Comment apprivoiser la peur de cette solitude ? Comment aménager des temps de retrouvailles avec soi-même ? Tout doucement, en écoutant de la musique, en demeurant assis(e) et conscient(e) dans sa chambre, prêt(e) à accueillir ce qui va se présenter en nous-même. En marchant dans la nature, en écrivant, en prenant soin de notre corps. Le yoga, les techniques de respiration ample et consciente (voir Prendre soin de vous et La respiration ample, source d’apaisement) participent à la détente du corps et de l’esprit. Ces approches contribuent à apaiser, à se faire confiance, à accueillir les émotions avec courage. Elles nous préparent à la prochaine étape. Chaque pas précède un nouveau qui conduit vers plus d’espace intérieur et de liberté. 

Une confiance plus grande

Se donner du temps, accepter de rencontrer ce qui est en nous. Chaque temps de silence est une opportunité qui renforce et nourrit notre appui intérieur pour continuer la route. À l’issue de ces temps de solitude nous pourrons retrouver les autres fort d’une confiance intérieure augmentée parce que nous aurons eu le courage d’affronter le plus difficile.

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1 Commentaires

Mali

23 Jan, 2020 à 22h50
Oui un parcours du solitaire... J’ai perdu ma maman d’une récidive de cancer inattendue et brutale mi décembre 2019. Durant ses deux mois d’hospitalisation nous l’avons, avec mon frère et ma sœur, accompagné sans relâche jusqu’à son dernier souffle. C’est d’une violence et d’une cruauté la vie parfois. Le personnel médical a été extraordinaire avec elle. Elle avait 63 ans. Elle repose, selon sa volonté, dans un jardin écologique. Elle avait un amour immense pour ses enfants, un lien fort avec la nature, son potager, ses chevaux, ses poules... Elle aimait se lever avec le soleil et se coucher avec lui. Faire ses conserves avec les légumes du jardin, des confitures, plein de bons repas. Partager !!! C’était un pilier et un refuge. Une femme discrète, drôle, authentique, inspirante et profondément humaine (cadre de santé auprès des enfants handicapés). Six longues et interminables semaines seulement sont passées depuis son départ. Il me semble parfois qu’elle nous a quitté depuis très longtemps tant son absence laisse une douloureuse empreinte. Je pense parfois que je ne réalise pas encore. J’ai 44 ans, je me sens non seulement bouleversée mais aussi très seule. Outre la tristesse et autres émotions, Oui le deuil c’est beaucoup de solitude. Heureusement que j’ai mon compagnon qui a été très présent, ma sœur (avec laquelle nous nous envoyons des messages et appels quotidiens) et quelques amis précieux. D’ordinaire très sportive et sociable, je n’aime pas grand chose en ce moment. Du mal à appeler et voir mes amis - hormis deux amies qui ont déjà vécu la perte d’un proche. Du mal à surfer (ma passion). Seule la marche le long de la plage m’apaise. Mais très souvent je reste chez moi à cuisiner, regarder des films... surtout je lis beaucoup de livres (la lecture est ma seconde passion). En réalité pour moi les livres sont les plus réparateurs. Une bulle de bonheur. D’évasion. Je lis dès le réveil dans mon lit, parfois des heures, avec une tasse de café à mes côtés. Le soir lorsque la lumière décline les angoisses se ravivent. Prendre un livre pour m’endormir est enveloppant et d’un grand réconfort. J’adore les polars en ce moment qui créent de l’adrénaline. Je ne prends pas de médicaments juste deux euphytoses, je fais un peu d’hypnose (relaxante!) et vais tester l’Emdr la semaine prochaine. Avec ma sœur (42 ans) nous partageons quotidiennement nos coups de cœur littéraires (on se prête nos livres) et ce sont les discussions que je préfère. Une sorte de vie parallèle où la mort des héros, elle, est tolérable. Ma sœur est elle-même maman. Elle a repris le travail, moi non. Étant free lance et travaillant chez moi je n’ai pas encore retrouvé la motivation... pour le moment j’accepte cette parenthèse oisive et solitaire, elle m’est indispensable. Vivre au jour le jour je ne sais plus faire que cela. J’ai (du) mal à réaliser. Je sais que le processus de deuil ne fait que démarrer. Certains jours je suis effondrée. J’arrive quelques fois à rire mais très vite je m’arrête. Durant le deuil, c’est douloureux d’être malheureux tout autant que d’être heureux. Je souhaite beaucoup de courage à tous ceux qui traversent cette épreuve et de trouver des outils. Des outils mêmes minimes. Créer un radeau c’est mieux que de couler.



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