Un an après avoir perdu notre bébé – Mieux traverser le deuil

Un an après avoir perdu notre bébé

26 septembre 2019 Image Un an après avoir perdu notre bébé

Le 13 août 2018, trois jours après sa naissance, Sacha nous a quittés. Cette terrible épreuve nous a terrassés. Depuis ce jour, notre vie est un défi de chaque instant. Avec des hauts et des bas, nous traversons cette tragédie le mieux que nous pouvons, soutenus par nos proches.

La naissance de Sacha, notre deuxième fils, était prévue pour le 18 septembre 2018. Son père, son frère Yaël (7 ans) et moi l’attendions avec impatience. Dès le début de la grossesse, semaine après semaine, avec son frère nous remplissions un petit carnet. Avec son papa nous avions préparé la chambre, début août, puis fignolé les derniers achats, nous avions un peu d’avance.

Une césarienne dans l’urgence

Mais cet heureux calendrier ne s’est pas déroulé comme prévu, la vie en a décidé autrement. Le 10 août, je me lève du canapé, je perds du sang, je fais une hémorragie. J’apprendrai plus tard qu’il s’agit d’une hémorragie de Benckiser (1). Les pompiers m’emmènent à la maternité, la sage-femme n’entend pas le cœur de mon bébé, une césarienne est décidée en urgence. C’est ainsi que Sacha naît le 10 août à 20 h 22. Quatre heures plus tard, je me réveille dans la salle d’opération et remonte dans la chambre. L’infirmière me propose d’aller voir Sacha, il est minuit quarante-cinq. Je le vois pour la première fois, il est beau, il ressemble à son grand frère. Pendant les trois jours qui suivent, nous sommes régulièrement informés, nous allons le voir le plus souvent possible, les médecins nous expliquent ce qu’ils font sans que l’on comprenne réellement tout. Les infirmières prennent soin de nous trois, Sacha, son papa et moi pendant que Yaël est confié à ses grands-parents.

Un ultime adieu

Le dimanche 12 août, je peux prendre Sacha dans mes bras, je lui fais un énorme câlin. Ce moment est à jamais gravé dans ma mémoire. Son papa est à mes côtés, il me soutient, prend soin de moi, de Sacha et de Yaël. Il trouve les bons mots : « ce n’est pas un cauchemar mais un joli rêve, Sacha est un joli rêve ». Yaël vient le voir, lui fait des mini-caresses, un bisou…

Mais l’état de santé de Sacha se dégrade rapidement et, dans la nuit du 12 au 13 août, nous accompagnons ses derniers instants. Nous sommes, mon mari et moi, tous les deux présents. Je le sens « partir » et je le sais, il n’est plus là. Nous sommes le 13 août 2018, il est 4 h 45 et je vais prendre mon fils une dernière fois dans mes bras.

Tout mon monde s’écroule, Une colère terrible s’empare de moi, je suis envahie par une immense tristesse, je ne comprends pas. Des émotions incontrôlables me tourmentent, avec des larmes à n’en plus finir. Je ne peux pas le croire. C’est impossible ! Pourquoi nous ? Nous vivons un chaos indescriptible.

Dans cette tourmente émotionnelle, vient le moment d’organiser les obsèques. Le choix d’une chanson s’impose à moi, je ne peux pas lui dire au revoir en silence. Nous choisissons « Redessinons le monde » de Mr Ribouldingue (2).

Faire face aux questions

Trois semaines plus tard, c’est la rentrée des classes, j’accompagne mon fils Yaël à l’école. La maîtresse et certains parents sont informés pour Sacha mais pas tous. Il me faut faire face à la question de circonstance « ça y est tu as accouché, alors fille ou garçon ? » La pauvre maman était terriblement gênée quand je lui ai expliqué. Mais aussi surprenant que cela puisse paraître, cela m’a fait du bien. Je parlais de Sacha à chaque parent qui venait me voir, je racontais mon histoire, notre histoire.

… et aux phrases blessantes

Quand nous parlons de notre famille, du décès de Sacha, il est douloureux pour nous d’entendre les petites phrases telles que « Vous aurez un autre enfant ! ». C’est vraiment blessant. Comme si un autre enfant pouvait annihiler la douloureuse absence et le manque de Sacha. C’est quand on est touché soi-même par le deuil que l’on mesure l’impact qu’ont certaines phrases destinées aux personnes endeuillées, aussi bienveillantes soient-elles. Dorénavant, je m’interdis de dire aux personnes en deuil la fameuse phrase « Il faut du temps ». C’est plus fort que moi, j’y entends toujours ce sens-là : « il faut du temps pour arriver à oublier son enfant ». Alors qu’en réalité, je sais bien qu’il ne s’agit pas de l’oublier mais bien au contraire de construire un nouveau lien avec lui.

Pouvoir dire « J’ai deux fils »

À la question « Vous avez combien d’enfants? », aujourd’hui encore, je ne sais pas quoi répondre. « Un » ou « Deux » ? Que puis-je dire ? Je suis fière d’avoir deux fils mais puis-je réellement répondre « Deux » aux personnes qui m’interrogent ? Parfois je réponds « Un ». Pour me préserver d’avoir à raconter mon histoire ou par peur de la réaction de la personne qui me pose la question. Dans ce cas, je suis en colère car je devrais toujours pouvoir dire « J’ai deux fils ».

Les dates anniversaires

Le moment de vivre les premiers anniversaires, celui de sa naissance et celui de sa mort arrive à grands pas. Je n’aime pas célébrer les décès mais pour mon fils c’est différent. Je pense à ces dates depuis longtemps, je les redoute. Que faire ? Je ne veux pas que ces dates soient des journées comme les autres.

Août 2019. On y est. Les dates anniversaires approchent, je sens la tristesse m’envahir petit à petit, jour après jour.
Nous sommes le 10 août 2019. La tristesse est là mais je sais ce que je dois faire. Pour commencer, je vais fabriquer ma cloche. Celle-ci est particulière, c’est celle qui représente mon fils et qui restera peut-être toujours. Un petit ourson en peluche avec son prénom Sacha, du coton en guise de nuage et surtout des étoiles dorées.

Présent dans la mémoire de chacun

L’après-midi nous sommes réunis tous les trois, mon mari, Yaël et moi, nous allons nous promener, histoire de ne pas être enfermés et de ne pas trop ruminer. Certains de nos amis et/ou de notre famille nous envoient un texto, d’autres déposent une fleur au cimetière, d’autres allument une bougie, d’autres viennent nous voir…  Sacha est bien là, présent dans la mémoire de chacun de nos proches, il n’est pas oublié et ça me fait du bien, ça me rassure.

Des moments de complicité

Pour les un an de Sacha, mon mari a eu cette belle idée de gonfler des ballons de couleur le 10 août et de les laisser s’envoler le 13 août. Alors le soir, tous les trois, nous allons installer ces ballons au cimetière, nous les accrochons à son arbre (sa pierre tombale a été installée depuis peu, elle représente un arbre).

Pendant ces trois jours, nous prenons soin les uns des autres, les émotions m’envahissent beaucoup mais je sais que je dois les laisser venir à moi et me traverser.

Nous faisons nos empreintes de mains et de pieds en peinture. Le service de néonatalogie avait posé celle de Sacha sur une toute petite toile, ainsi chacun a sa toile, de la peinture et on se lance, on rigole tous les trois parce que ça chatouille. Moments de complicité, je me sens bien. Bientôt sur le mur de notre maison, nos toiles seront installées, nous seront « réunis », nous serons tous les quatre.

Le lâcher de ballons

Le 13 août, le soir, nous allons tous les trois laisser s’envoler les ballons, je lis un petit poème que j’ai écrit. Je ne lâche pas de yeux les ballons jusqu’à ce que je ne les vois plus. Les larmes montent mais elles me font du bien.

Quelques jours plus tard, le parrain et la marraine de Sacha et leurs conjoints nous invitent au restaurant pour partager un moment tous ensemble « en sa mémoire ». Ils nous offrent un cadre photo avec la photo de notre famille entourée des photos de nos amis. Un cadre important pour moi, il sera installé à côté de nos empreintes.

Les premères fois sans Sacha

Ce mois d’août n’a pas été facile à vivre, la tristesse a souvent pris le dessus. Des souvenirs ont surgi dans ma mémoire de façon imprévisible et pourtant, aujourd’hui je me sens plus légère. Je sais que j’ai réussi à surmonter toutes les premières fois sans Sacha, nos premiers anniversaires, notre premier Noël, nos premières vacances, la première fête des grands-mères, la première fête des Mères, la première fête des Pères, son premier anniversaire… Je sais dorénavant que je pourrai surmonter les prochains. Je sais ce que je peux faire pour m’aider, avancer et continuer de vivre.

Des tempêtes émotionnelles et des accalmies

Plus d’un an après le départ de Sacha, un long chemin s’est déroulé jusqu’à aujourd’hui. J’ai été traversée par toutes les émotions : la colère, la rage, l’incompréhension, la tristesse mais aussi la joie et la sérénité. Mon quotidien est tissé de moments de désespoir, où parfois je ne me reconnais plus, et de moments plus sereins. Car en effet, dans cette apocalypse s’inscrivent malgré tout des instants de bonheur : les anniversaires, Noël, le Jour de l’an, les vacances au ski, l’arrivée de mon neveu, le mariage de la marraine de Sacha… Que la joie et la tristesse s’entremêlent ainsi au quotidien, cela me déroute. Au point que, parfois, je ne sais plus comment gérer mes émotions. 

Chacun avance à son rythme, soutenu par les autres

Malgré ce total bouleversement de nos vies, notre couple a tenu. Mon mari est triste et en colère, lui aussi. Il essaye de ne pas le montrer mais moi je le ressens. Chacun de nous deux avance à son rythme et gère ses émotions comme il le peut. Mais toujours en écoutant l’autre et en nous soutenant mutuellement.

Notre fils Yaël exprime à sa façon sa tristesse et le manque qu’il ressent, tout en continuant de vivre sa vie d’enfant. Il partage ce qu’il vit dans son cœur, par exemple le fait de ne pas être tout à fait grand frère « Enfin, tu comprends maman ». De temps à autre, il me demande de regarder la boîte à souvenirs : les pyjamas, les doudous, la boîte de la néonatalité, les photos. Car, oui nous avons un album photo de Sacha.

Notre structure familiale continue de vivre. La présence et le soutien que nous recevons de notre famille et de nos amis, chacun à leur façon, nous aident considérablement pour avancer, être au présent.

Des rituels comme points d’ancrage

Les rituels nous accompagnent, ils ont naturellement pris place dans notre quotidien, ce sont des amarres qui contribuent à stabiliser notre vaisseau de douleur. Il y a les visites au cimetière une fois par semaine pour fleurir la tombe de Sacha, avec les jolies fleurs de son papa, il est horticulteur. Et tous les mois, à chaque « moisversaire », je décore la cloche de Sacha. J’installe dans cette petite cloche en verre différentes choses en fonction de la saison ou des événements que j’ai vécus.

Faire le choix de vivre

Aujourd’hui, s’il est une chose dont je peux témoigner auprès des parents qui vivent la perte de leur enfant, c’est que dans le chaos nous pouvons trouver en nous la ressource pour choisir de vivre. Tel est mon vécu, chaque jour je gère comme je peux ce que je vis. Car je vis. Parce que j’ai choisi de vivre. Un an après le décès de notre fils, je peux dire que cela n’a pas été tous les jours facile. Rien ne sera plus comme avant. Je vais vivre toute ma vie avec le manque de mon fils Sacha. J’ai été soutenue par mon mari, mon fils, ma famille et mes amis. Je sais que d’autres épreuves restent à venir et je sais aussi que je les surmonterai, et que les émotions me joueront toujours des tours. Mais il est une chose dont je suis certaine c’est que jamais je n’oublierai cette petite étoile qui brille au fond de mon cœur et ce jusqu’à mon dernier souffle. Mon amour pour Sacha, mon fils, est plus fort que la mort.

Stéphanie L.

iii

(1) L’hémorragie de Benckiser est une hémorragie fœtale consécutive à la rupture d’un ou plusieurs vaisseaux dont l’insertion est anormale (vélamenteuse et praevia), survenant le plus souvent lors de la rupture des membranes. C’est une maladie rare (entre 1/1 275 et 1/5 000 naissances) mais grave (taux de mortalité fœtale de 75 à 100 %). Source Wikipédia.

(2) Album Mes petites guiboles, de Mr Ribouldingue. Édité par Mes petites Guiboles. France – 2017.

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16 Commentaires

Legendre stephanie

29 Mar, 2022 à 23h11
Ce message s’adresse à Pauline, je ne sais pas si vous pouvez lui transmettre. Je suis stephanie L. La femme qui a écrit cet article… j’ai donné naissance en décembre 2020 à un petit éden… si vous le souhaitez on peut échanger via les réseaux sociaux… bonne soirée

Pauline Laville

18 Jan, 2022 à 12h00
Je viens de découvrir ce site par le film "Et je choisis de vivre", qui est magnifique. Ce témoignage raisonne tellement en moi, nous venons de perdre notre petite fille Laly d'une hémorragie de Benckiser également le 12 novembre 2021, après une grossesse parfaite sans aucunes complications, un bébé et une maman en bonne santé et un premier enfant, tellement injuste. Aujourd'hui, je passe par toutes les émotions mais surtout de la peur de ne plus être MOI. Avec mon conjoint, nous souhaiterions bien plus tard agrandir notre famille pour transmettre nos belles valeurs, cependant j'aimerai avoir le retour de mamans qui ont eu une autre grossesse après une hémorragie de Benckiser, comment avez vous affronté/vécu cela ?

Amandine

03 Nov, 2020 à 11h07
Quel témoignage ! En écrivant ces mots, j'ai encore les yeux embués de larmes. Les phases et émotions que vous avez traversées résonnent en moi avec tellement de force. J'ai perdu mon fils Adrien à sa naissance il y a à peine 2 mois et n'ai aujourd'hui aucune explication sur ce qui a pu se passer. Son coeur s'est arrêté de battre in utero avant que j'arrive à la maternité pour accoucher, c'est tout ce que je sais. Aujourd'hui ma douleur est vive, ma tristesse inconsolable, le vide laissé par son absence immense. Mon aînée a 4 ans et c'est dur pour elle de comprendre ce qui est arrivé à son petit frère. Elle sait qu'il ne viendra jamais à la maison mais de temps en temps elle espère qu' "il descende du ciel" comme elle dit. Elle ne sait pas comment être une grande soeur alors que son frère n'est pas là. Votre témoignage me rassure, je vois que vous avez pu avancer, passer toutes ces 1eres fois sans Sacha et même son anniversaire. Vous êtes forte, votre famille est belle. Aujourd'hui je ne me sens pas capable de faire la même chose que vous, d'entreprendre des actions constructives pour intégrer mon fils dans mon quotidien. Mais un jour, je le serai, il le faut. Je ne veux pas oublier mon fils, tout comme vous. Je veux qu'il vive à travers moi.

Kinder

14 Sep, 2020 à 22h30
J'ai risqué à maintes reprises de perdre mes 2 filles à cause d'une génétique épouvantable et du médicament Distilbène que ma maman avait pris lorsqu'elle était enceinte de moi. Je comprends tellement vos angoisses, votre tristesse, vos chagrins profonds. Mes filles ont 27 et 30 ans aujourd'hui et je n'ai fait que de me battre pour leur vie depuis leur naissance. Nous les avons toujours soutenues et accompagnées, sans savoir combien de temps elles allaient vivre. Aujourd'hui, l'une de mes filles a une tumeur très mal située. Soit on l'opère et elle va faire des métastases, soit elle risque un arrêt cardiaque. Je dois constamment me préparer à une séparation, mais nous vivons malgré tout, faisons des projets et utilisons nos souffrances pour d'autres. Moi-même tiens à un fil. Je suis croyante. J'ai beaucoup étudié par rapport à ce qui va se passer après la mort. Ce n'est pas Dieu qui veut toutes ces souffrances. Je ne m'appuie pas sur l'espoir que mes filles vont vivre longtemps, mais sur l'espérance qu'un jour il n'y aura plus tous ces deuils et souffrances. Je crois en la résurrection des morts et que l'on se retrouvera. Vous pouvez revoir votre Sacha.. Je ne peux que simplement vous communiquer mon expérience et porter dans mon coeur un bout de votre souffrance, noyer mon chagrin dans le vôtre mais surtout cherchez à connaître cette espérance (vous pouvez aller sur le site jesusrevient.com En forte pensée pour vous ! Evelyne

Carole

16 Juil, 2020 à 23h44
Votre témoignage me donne un petite lueur d’espoir. J’ai perdu mon fils il y a 4 semaines, il s’appelle aussi Sasha. Mon enfant adoré est parti après 7 jours de bataille pour la vie. Il a subi ce que les médecins appellent une encéphalopathie hypoxique ischémique. Impossible d’en connaître exactement la cause. Une chose est sûre, mon bébé d’amour a manqué d’oxygène pendant un très court instant dans mon ventre, avant de récupérer. Cela a occasionné des lésions extrêmement graves dans son petit cerveau. Il est né le 18 juin 2020, inerte, sans fonction cérébrale, avec les yeux fermés, mais vivant. 7 jours de traitement hypothermique pour préserver ses neurones n’ont pas permis de le ramener vers nous. Tous nos soins et toutes nos larmes et tous nos mots doux et toutes nos prières n’ont pas permis de le ramener vers nous. Le 25/06, notre petit Sasha s’est éteint dans mes bras, contre ma poitrine. Quelle injustice! Quelle incompréhension! C’est ma 1ère grossesse, elle s’est parfaitement déroulée. Absolument aucun accroc. Mon bébé a subi un accident. Une des pédiatres qui s’est occupée de lui m’a planté un couteau dans le cœur sans le vouloir : elle m’a expliqué que Sasha était tellement fort et vigoureux qu’il avait peut-être serré son cordon trop fort et trop longtemps. Car mon bébé est né avec les poings serrés et figés dans cette position. Selon le pédiatre, ce serait la dernière info enregistrée par son cerveau. Mon bébé était trop fort et trop vigoureux, il a joué trop fort... Ce qu’il ne faut pas entendre. Depuis, évidemment, je me sens vide, plus rien n’a de goût, plus rien n’a d’intérêt. Je fais les choses pour faire plaisir, je mange pour ne pas inquiéter, je réponds aux messages pour ne pas inquiéter, je dis « bonjour » pour rester polie ... J’essaie d’en parler à quelques ami(e)s qui ont les meilleures intentions du monde à mon égard, mais la conversation se termine toujours par « il faut que tu en parles à quelqu’un d’extérieur » comme-ci elles ne pouvaient plus m’écouter et que cela demande des compétences particulières et que le sujet met mal à l’aise à moins d’être un professionnel payé 60€/heure. Mon conjoint est dévasté également, il dort peu et fait des cauchemars, je ne veux pas l’accabler davantage car je sais que dans ces moments, la douleur du père est parfois minimisée. Je refuse de minimiser son chagrin. Alors je surfe sur les forums, je lis des rapports sur l’EHI, je me renseigne sur les protocoles, les statistiques, les complications liées à la césarienne, je pleure, je crie de toute ma voix lorsque je suis en voiture et que personne ne m’entend, je sanglote, je maudis l’univers, je prie ... c’est tout ce qu’il me reste à faire. Mon seul réconfort consiste à me dire que maintenant, l’idée de mourir n’est plus triste ou difficile, car je pense qu’une fois morte, je retrouverai l’amour de ma vie, mon premier véritable grand amour, mon petit homme courageux et vigoureux. Je ne suis pas suicidaire, je sais que je ne peux pas imposer un deuil supplémentaire à mes proches et à ceux qui m’aiment. Mais je me console de cette façon. Chaque souffle, chaque instant est une déchirure. Le destin ayant décidé que la perte de Sasha n’était pas suffisante, il a aussi fallu que j’accouche par césarienne, ce qui implique qu’il nous est extrêmement déconseillé de lancer une nouvelle grossesse avant au moins encore 1 an. Ce qui signifie que mon mari et moi avons encore 1 an pour ressasser, cogiter, pleurer, questionner, angoisser. Car nous vivons maintenant dans une peur permanente : complications de la césarienne, infertilité, accident, ... Nous essayons de garder espoir et de pratiquer la pensée positive, nous prions beaucoup, nous nous aimons encore plus qu’avant. Après tout, il ne reste que nous deux. Puisque le fruit de notre amour s’en est allé. Mais au delà de tous ces sentiments, à l’heure actuelle, c’est bien la tristesse et la peur qui dominent. Merci pour votre témoignage qui me redonne un soupçon d’espoir d’une existence moins douloureuse.

FAYOLLE Pierre

25 Mar, 2020 à 20h20
Je suis un grand-père… veuf. et je pleure la disparition de tous les petits anges de la terre. Une petite Violette, fillette de deux ans de mes amis, qui tient la main de mon épouse dans le ciel.

Mieux traverser le deuil

06 Déc, 2019 à 11h26
Bonjour Laëtitia, ne restez pas seule, venez rejoindre la communauté privée de Mieux traverser le deuil. Parmi les membres du groupe, de nombreux parents ont perdu leur enfant, ils trouvent beaucoup de réconfort et de soutien à partager ce qu'ils traversent. Cela pourra beaucoup vous aider. N'hésitez pas à vous y inscrire, c'est très simple : https://www.facebook.com/groups/546189225912470 Nous vous souhaitons d'y trouver ce qui pourra vous apaiser un peu chaque jour. Avec tout notre soutien.

Laëtitia C.

05 Déc, 2019 à 14h47
Celà va faire 6 mois que ma petite Lounaïs s'est envolé. Ma douleur est profonde, ma gorge est sérée et mon estomac est nouer à triple noeud. J'avais réussi à aller "mieux" (si on peut dire) ce dernier mois mais là, depuis une semaine, c'est la dégringolade, je pleure tous les jours et je me réveille même la nuit en sursaut en me remettant à pleurer. Je ne sais plus quoi faire. Les gens autour de moi de comprennent pas : "mais tu avais pourtant l'air d'aller mieux ces derniers temps ! Allez, t'inquiètes pas, ca va aller !" NON, ca ne va pas, et ça n'ira pas mieux demain, Lounaïs est morte !!!

Alexia

21 Nov, 2019 à 11h54
J'ai également perdu mon Bébé Loucka dû à une hémorragie de Benckizer. Aprés une grossesse qui s'est déroulé parfaitement. Il y avait aucune inquiétude à avoir. C'est arrivé en pleine nuit à une semaine du terme, le 25 mai 2019. J'ai perdu tout le sang de mon enfant. Loucka est mon premier enfant. A la sortie de l’hôpital, nous avons mis 3 mois avant de retourner dans notre maison si vide. Aujourd'hui cela va faire 6 mois que nous avons perdu notre ange tellement attendu. Nous voulons avoir un deuxieme enfant, pas pour remplacer Loucka, mon ange est unique, mais pour combler notre famille. Mais j'ai peur de revivre cette douleur.

GreggGekly

16 Oct, 2019 à 08h35
Спасибо [Merci]

Fanfan

04 Oct, 2019 à 10h35
Témoignage très touchant Stef mais plein d’espoir et de courage 🤗💕👼 ton petit Sacha serait tellement fier de son grand frère et de ses parents. Je pense souvent à vous et à ce drame qui vous a assombri votre vie mais tu as raison... dans ce ciel si noir brille à tout jamais une petite étoile 💫 Tendres pensées.

Adelaide delferriere

04 Oct, 2019 à 08h32
J’ai l’impression de lire mon histoire, Victor est décédé, à 3 jours de vie, à cause d’une hémorragie de benckiser également. Cela fait 5 mois. Mais je me reconnais dans le tourment d’émotions. Vous me donnez beaucoup d’espoir pour la suite. Car pour le moment, je n’ose imaginer l’avenir, car j’ai peur de m’effondrer. Alors c’est un jour à la fois, un pas après l’autre. Tendre pensée à Sacha et votre famille. Adélaïde

Sophie

02 Oct, 2019 à 18h57
Merci pour votre témoignage Stephanie , je sais déjà qu’il va m’aider à traverser mon propre deuil . Notre petit César est né sans vie le 30 décembre dernier , sans signes avant coureurs . Nous avons appris 3 mois après que j’ai développé une maladie auto-immune très rare et grave qui détériore le placenta pendant la grossesse et entraîne souvent un décès in utero . Nous attendons de savoir si nous pouvons faire un autre enfant sans trop de risque car il y a bcp de risque de récidive. Votre témoignage résonne énormément en moi , vos réponses actions et celles de vos proches st très belles, vous avez bcp de chance d’etre bien entouré. Cela n’est malheureusement pas notre cas et cela rend ce drame encore plus terrible. Bon courage, plein de pensés à vous 4 , j’espère que Sacha et César jouent ensemble ds les étoiles ⭐️ 😘❤️

Laure

28 Sep, 2019 à 19h21
Témoignage émouvant... j'ai ressentie les mêmes émotions et les mêmes besoins la première année de sa disparition. Tendre pensée pour votre petit Sacha, j'ai beaucoup de peine pour vous... J'ai su que je venais de perdre l'un de mes jumeaux lors de la dernière échographie, mon petit garçon Timéo... Nous attendions avec impatience leur venue afin de découvrir s'ils allaient être de vrais ou de faux jumeaux...je n'aurais jamais la réponse à cette question. Je ne cacherais pas la mort de son frère et j'espère trouver les mots justes pour qu'il n'en souffre pas... Nous avons également fait des poèmes pour notre cérémonie d'adieu avec un lâché de ballons sur la chanson des choriste "Caresse sur l'océan"...je ne quittais plus des yeux les ballons comme si mon enfant m'abandonnait une seconde fois mais cette fois... je pouvais lui dire adieu! Il y a peu de mot pour soutenir des parents endeuillés, je ne peux que vous exprimer ces quelques mots pour Sacha..."je suis désolée..."

Kasia

28 Sep, 2019 à 08h13
C’est un très beau témoignage - je m’y retrouve parfaitement... ce mélange d’emitions qui est encré en nous, ce sentiment étrange d’etre à la fois bien et mal entourée des gens qui nous aime, cette recherche permanente de sa présence et cette certitude qu’il est là - dans notre cœur...

Jennifer

27 Sep, 2019 à 22h03
Que dire à part: que c'est un magnifique texte pour votre fils, on vous souhaite du courage à tout les 3. J imagine au combien ça doit être difficile au quotidien de vivre la perte d'un enfant. On pense fort à vous. On vous embrasse fort. Jenny et Quentin. Repose en paix Sacha.



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